Les neurosciences en pratique

 

D’entrée de jeu, Agnès  m’annonce : « Je n’avais pas envie de venir aujourd’hui. Je vais bien en ce moment et je n’ai rien à dire. »  Puis, elle en vient à parler de son manager qui s’étonne de son silence ces dernières semaines ; à la suite de cette remarque, elle s’est résolue à s’exprimer lors d’une réunion de service. « Ça a fait un flop » , dit-elle. D’où mon intervention : « Vous vous êtes forcée à parler en réunion comme vous vous forcez à parler avec moi en ce moment ?»  Elle acquiesce. Ces premiers échanges me mettent la puce à l’oreille. Probablement imagine-t-elle que si elle ne fait pas l’effort de me parler, je vais m’ennuyer, ne plus l’apprécier, voire lui reprocher son attitude. Peu importe, pour l’instant, je n’en suis pas au stade d’élaborer des hypothèses ; ce qui éveille mon attention, c’est le processus dans lequel Agnès s’est engagée. Je ne suis pas son patron et pourtant elle se comporte avec moi comme si j’avais les mêmes attentes que lui. Elle est en séance de coaching et néanmoins elle adopte le même type de comportement que lors d’une réunion d’équipe, comme si, malgré un contexte différent, elle ne disposait que d’un seul type de réponse. Agnès n’a pas conscience de ces automatismes et de la façon dont ses réactions sont répétitives et limitées. Elle est engagée sur un rail, sans option d’explorer d’autres paysages relationnels. Comment pourrait-elle se sentir plus libre dans la relation ?

 

Extrait : Coacher grâce aux neurosciences, ed Studyrama Pro

Marie-Pascale Martorell, associée chez Trajectives a écrit un livre didactique, dans un langage simple, illustré d’exemples. Il contribue à développer les compétences et les comportements vertueux dans la régulation  émotionnelle complexe des interactions au quotidien.

Les neurosciences sociales nous poussent à considérer la subtilité des accordages et des désaccordages relationnels implicites, et nous invitent à les traiter pour éviter qu’apparaissent des incompréhensions, des jugements et de la souffrance liée à une perception de manque de reconnaissance.  Ceci demande de développer des capacités de jardinier pour décoder la communication intersubjective, c’est-à-dire non verbale, entre deux cerveaux, sous le niveau de conscience.  En effet, il s’agit de cultiver le lien comme on prendrait soin d’un jardin qui embellit notre environnement, quelle que soit la saison.

Les neurosciences affectives mettent en lumière une nouvelle lecture de la motivation, de la performance et des prises de décision en favorisant l’intégration de la raison et des émotions. Cela nécessite de ralentir, de se penser et se regarder faire en situation tout en restant en contact avec l’environnement. Une sacrée gymnastique cérébrale pour les managers qui doivent maintenir une dynamique d’équipe vertueuse tout en soutenant la performance !

 

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