l’autorité : oser l’exercer avec puissance

Pouvoir, charisme, autorité : nous dissocions trois mots afin de poser un contour autour du mot autorité et de définir ce que l’autorité est et ce qu’elle n’est pas. Le pouvoir va donner la légitimité d’exercer l’autorité en accord avec les règles de l’organisation. Mais cela n’est pas suffisant pour que l’autorité soit incarnée par le dirigeant et reconnue.

Du pouvoir donné à l’autorité incarnée et reconnue

Il va pour cela être nécessaire qu’il soit en capacité d’exercer les trois formes d’autorité que sont l’autorité du père, du chef et du maître qui sont directement liées aux trois formes de pouvoir que sont le pouvoir de stabilité, de nouveauté et d’engagement.

1. L’Autorité de type « Père » : C’est l’autorité de la cause historique, de l’auteur, de l’origine et de la source de ce qui est. C’est l’autorité du passé qui se maintient dans le présent par le seul fait de l’inertie. C’est aussi l’autorité de la tradition : le passé est toujours vénérable, y toucher est un sacrilège. La négliger, c’est prendre le risque d’être inhumain, parce que c’est la dimension affective de l’entreprise. La privilégier, c’est s’immobiliser dans le passé par excès de prudence.

 2.     L’Autorité de type « Chef» : C’est l’autorité de celui qui prévoit et guide, de celui qui a vu plus loin que les autres, il  est celui qui a conçu un projet. C’est l’autorité axée sur l’avenir, le futur, elle ne peut s’exercer qu’en se manifestant sous forme de projet. C’est une autorité du fait même d’avoir « tout devant soi ». La négliger c’est prendre le risque d’ignorer les désirs de changement parce que c’est la dimension analytique de l’entreprise qui voit et comprend. La privilégier c’est courir le risque de l’utopie.

Voici ce que le « père » pourrait dire au « chef » : « L’avenir n’est pas à prévoir, tu as à le permettre » Antoine de Saint Exupéry

 3.     L’Autorité de type « Maître » : C’est l’autorité de celui qui se décide et agit, de celui qui n’est pas pour autant toujours     raisonnable (chef, futur) et prudent (père, passé). C’est l’autorité du présent par opposition à l’irréalité poétique du passé et l’irréalité utopique de l’avenir. L’autorité de l’action qui réalise dans le présent autant le souvenir du passé que le projet d’avenir. La privilégier,  c’est prendre le risque de comportements technocrates, ou policiers qui ne comptent qu’avec ce qui est, c’est-à-dire qu’avec la donnée brute, et donc d’assécher les décisions alors que c’est la dimension relationnelle de l’entreprise. L’ignorer, c’est éviter de trancher entre les forces de stabilité et de renouveau et installer le chaos.

Voici que le « père » pourrait dire au « maître » : « Reculez d’un pas et tout s’élargira spontanément »  Proverbe Chinois

  •  L’incarnation de l’autorité dans toutes ses dimensions passe par l’exercice des trois formes d’autorité quelque soit le pouvoir donné à un rôle. Ainsi les autorités sélectives qui s’incarnent dans un ou deux de ces types seulement, ne seront pas reconnues dans leur pleine et entière capacité d’exercer leur autorité.
  •  Il n’y a autorité que là où il y a un mouvement, un changement, une action et donc l’exercice de l’autorité implique  nécessairement un élément de risque pour celui qui l’exerce.
  • Il n’y a exercice de l’autorité qu’à partir du moment où ceux (personnes ou organisations) sur lesquels elle s’exerce ont la possibilité de réagir, c’est-à-dire de changer en fonction de celui qui représente l’autorité.

Le pouvoir donne certes la légitimité d’exercer l’autorité mais cela n’est pas suffisant. C’est la capacité du dirigeant à contribuer à la réussite de l’organisation ou de l’équipe qu’il dirige en exerçant les trois formes d’Autorité qui fait qu’elles lui seront reconnues  et accordées.

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