Prévenir ou dépasser le burn-out avec le coaching

Le modèle AILES de TRAJECTIVES

Le burn-out est un phénomène d’épuisement professionnel résultant d’une trop longue exposition au stress.
Comme rongée par un incendie, la victime du burn-out se détruit peu à peu de l’intérieur, tandis qu’elle garde intacte son apparence extérieure. Ce n’est pas un trouble de la personnalité mais un processus qui conduit à l’épuisement émotionnel et physique.
Le modèle AILES est conçu comme un acronyme et une métaphore. Les phases 1 et 2 décrivent comment le candidat au burn-out se «  vit », bien avant l’enclenchement de la spirale. En phase 3 nous présentons les zones de risque, en phase 4 l’intervention du coach et les compétences spécifiques à mettre en œuvre, et pour terminer nous décrivons en phase 5 le processus de transformation et ses bénéfices.

Phase 1 : L’envol

En premier,
l’acronyme permet de décrire cette phase ascendante, comme un envol :

1 Ambitieux : Le candidat au burn-out est passionné, il a des rêves et la volonté de se donner les moyens de les réaliser. Souvent, au cours de l’accompagnement, sont mis à jour des loyautés, des preuves à donner, des comptes à rendre…

2 Intelligent : Son intelligence peut être intellectuelle ou pragmatique. Elle se révèle souvent derrière le courage, le travail bien fait en toute situation. Elle lui permet d’appréhender la plupart des situations, d’agir rapidement et avec fluidité, à l’image de son parcours professionnel.

3 Légitime : Il est reconnu socialement et accepté dans son rôle. Il se vit comme ayant gagné cette légitimité par un travail intense.

1 Energique : Toujours en forme, il a beaucoup d’énergie et la renouvelle rapidement.

2 Sûr de lui : Il est confiant et agit avec détermination. Son assurance ne l’a jamais déçu. Il ressent une euphorie « douce » et créatrice.

Les personnes, après cette phase d’envol, rentrent dans une spirale ascendante. Elles partagent avec leur entourage leur bonne humeur, leur enthousiasme. Elles inspirent, attirent et se créent des alliés.

Phase 2 : Quand le burn-out s’installe

1 Ambitieux puis dépendant : L’ambition se transforme en dépendance à un engagement dans lequel son identité est impliquée. Il y a identification : « mon entreprise, mon projet, mon bébé, mon œuvre ».
Conséquences visibles : Perte de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Décalage entre les événements et leur impact : l’impact est excessif ou rejeté.

2 Intelligent puis focalisé : L’intelligence se concentre sur une expertise focalisée. Son champ d’expérience ne s’ouvre plus, il s’appauvrit, « L’obsession » apparaît, il ne pense plus qu’à affiner son œuvre.
Conséquences visibles : Impossibilité de prendre du recul et d’avoir une vision sereine et objective de la situation. Perte d’intérêt pour l’entourage, pour toute vie sociale.

3 Légitime puis surinvesti : La légitimité se transforme en un surinvestissement de la responsabilisation. La reconnaissance liée à la légitimité entraîne un devoir de représentation : « tout dépend de moi ».
Conséquences visibles : Quête de la perfection, « sois parfait », puis faible délégation. Culpabilisation: « je ne suis pas ou plus à la hauteur ».

4 Énergique puis sans limites : L’énergie, cette ressource disponible, est focalisée, canalisée sur un seul objectif : la performance. Le candidat au burn-out perçoit son énergie comme inépuisable, sans se donner les moyens de recharger ses batteries.
Conséquences visibles : Difficulté à voir la limite de ses ressources, seul compte l’objectif. Épuisement avec toutes ses conséquences dont la boulimie de projets, de travail.
Sûr de lui puis auto destructeur : L’assurance se traduit par « je peux prendre tous les risques. » Les risques sont sous-estimés ou ne sont plus pris en compte. La volonté est d’aller « jusqu’au bout. »
Conséquences visibles : Erreurs professionnelles et relationnelles. Comportement destructeur qui s’installe.

Phase 3 : Anticiper le virage avant de glisser dans le burn-out

Nous proposons dans le modèle des repères pour identifier à quel stade du processus en est le client. L’acronyme AILES permet de nommer les zones à risque, les signes annonciateurs d’une spirale « descendante ».

Le burn-out ne doit pas être confondu avec un manque d’investissement professionnel. Le candidat au burn-out est ambitieux ou passionné et s’investit à fond dans sa fonction, son métier ou sa passion. Il tombe dans le burn-out quand la flamme décline, et s’éteint quand elle a tout brûlé.

Phase 4 : Investir la spirale positive sans glisser dans le burn-out

Le client engagé dans un burn-out met la pression sur son coach, il cherche à aller plus vite, à répéter la spirale. Le coach doit tenir face à cette pression.
Pour le client en coaching, c’est une étape nécessaire et aussi très délicate : le déni de son besoin de parler de lui et de ses priorités est une cause qui l’a mené progressivement vers le burn-out. C’est pourtant là que la spirale peut se transformer : dans le parcours de travail sur soi, le client pourra regarder sa vulnérabilité, y reconnaître à la fois son manque de défense et sa force, se défaire de sa carapace pour appréhender son environnement.

Le rôle du coach dans un cas de burn-out

Le modèle décrit le processus et le rôle du coach dans ce travail d’accompagnement :

1 Alerter : Son devoir est d’abord d’alerter son client sur les risques potentiels des somatisations. Il nomme le processus : « ce que je vois… », « ce que je sais… »

2 Intérioriser : Le coach laisse le client reproduire avec lui ses expériences. En travaillant dans l’ici et maintenant, il nomme ce qu’il ressent et donne ainsi à son client l’autorisation d’en faire de même ; il lui permet alors d’intérioriser l’expérience de ce qui se reproduit.
Ce travail demande du temps et des expérimentations pour permettre au client de sentir ses besoins.

3 Libérer : Ici, le coach amène son client à sortir d’un enchaînement auto destructeur c’est à dire à reconnaître ce qui est en train de se dérouler. Le burn-out crée un sentiment de culpabilité teinté de victimisation. Le coach aide le client à se libérer de cette culpabilité.

4 Encourager : Le candidat au burn-out a un énorme besoin d’être encouragé, aidé et surtout cadré. Le cadre tenu par le coach va le rassurer et le mettre sur le chemin de la résilience. Ce cadre permet d’encourager des expériences relationnelles avec son environnement.

5 Solidifier : Le client, durant ce travail, solidifie ses expériences, s’approprie les nouveaux comportements démontrés lors des interactions avec son coach et avec son environnement. C’est un moment d’assimilation et d’intégration de compétences et de qualités jusqu’alors non déployées.

Conclusion

Ce type de coaching permet au client de se « reprendre » et en même temps de développer une nouvelle ambivalence. Il intègre alors deux polarités, comme deux « AILES » : la sérénité sans perdre sa passion créatrice (phase 5).
Prévenir un burn-out, ou l’accompagner, permet au client de rebondir, de retrouver une conscience et une acception de soi. Sur ces fondations nouvelles, la passion créatrice du client sert ses intérêts, ses objectifs de vie. Elle devient de plus en plus constructive et surtout plus présente.